Dans les semaines à venir, nous publierons une série d’articles sur l’innovation financière traitant de plusieurs tendances séculaires liées à la technologie / innovation financière et à son impact sur le secteur mondial des services financiers. Nous examinerons également comment ces tendances influencent la stratégie d’investissement du FNB Sociétés financières axées sur l’innovation Hamilton (HFT).

Nous avons lancé HFT en 2020 pour offrir aux investisseurs une exposition à ces thèmes à croissance rapide, au sein d’entreprises de technologie financière « établies » (c’est-à-dire plus conservatrices, moins risquées, principalement à grande capitalisation). Pour atteindre cet objectif, nous avons divisé le portefeuille de HFT en trois catégories clés : (i) les paiements numériques, (ii) la technologie et les données de marché, et (iii) les autres innovateurs, y compris la gestion de patrimoine. À notre avis, tous les investisseurs canadiens devraient avoir une exposition à cette grande (et croissante) catégorie, et surtout, considérer le portefeuille diversifié d’innovateurs de services financiers de HFT comme un complément attrayant aux positions principales dans les banques canadiennes des investisseurs.

Dans cet article nous abordons les banques numériques, à la fois les opportunités et les défis. Comme nous l’avons souligné dans un récent article, « Hamilton Financials Innovation ETF: Invest in Digital Leaders Reshaping the Financial Sector », le FNB n’a pas d’exposition matérielle aux banques numériques autonomes, car nous pensons que le puissant changement continu vers les banques numériques / sans succursale, favorise les opérateurs en place. De plus, l’univers des banques numériques cotées en bourse est actuellement petit / négligeable.

Les banques numériques (en théorie) présentent des avantages intéressants en termes de coût et de RCP

À première vue, les opportunités pour les banques numériques autonomes semblent importantes étant donné la taille considérable du secteur bancaire, qui dans la plupart des pays, est dominé par les grands opérateurs titulaires, ancrés dont les réseaux de succursales sont vastes et coûteux. De plus, les banques numériques ne devraient pas être contraintes par la géographie, car elles seraient en mesure de servir les clients n’importe où et, contrairement aux opérateurs en place, n’ont pas besoin d’adopter des configurations de succursales « hub and spoke » (cela pourrait sans doute réduire certaines des barrières à l’entrée d’échelle compte tenu des coûts fixes inférieurs).

Par conséquent, l’opportunité pour la technologie de permettre l’émergence des concurrents numériques habiles pour désintermédier les succursales, d’accroître l’efficacité et de transmettre certaines de ces économies aux consommateurs (sous la forme de prix inférieurs), tout en générant des rendements des capitaux propres plus élevés et une croissance des bénéfices semble énorme. Cependant, la réalité a été différente jusqu’à présent, aucun concurrent de banque numérique autonome important n’étant apparu au cours de la dernière décennie au Canada (ou dans d’autres grands pays).

Des défis importants auxquels font face les banques numériques autonomes au Canada (et ailleurs)

Jusqu’à présent, l’émergence d’une banque numérique autonome avec une part de marché concret ou même la présence sur le marché nécessaire pour influencer le prix des produits reste insaisissable. À notre avis, l’univers investissable reste restreint car les participants sont confrontés à des défis concurrentiels et réglementaires importants pour créer une grande banque numérique autonome, en particulier dans les pays à oligopoles dominants, comme le Canada et l’Australie. Nous pensons que les quatre défis suivants expliquent pourquoi, malgré les avancées technologiques majeures dans les services financiers, une grande banque numérique autonome à service complet n’a pas réussi à émerger pour défier les opérateurs en place :

  1. Accès à des dépôts / financements stables et à faible coût : L’une des sources de valeur les plus importantes d’une banque est son niveau de dépôts non rémunérés. Ce financement sans frais améliore les marges nettes d’intérêts, mais constitue également une importante source de financement pour les banques, car ces dépôts sont diffus et stables. Les banques rivalisent férocement pour ces dépôts, car elles sont le rempart de leurs franchises et un facteur clé de rentabilité. En conséquence, les nouveaux ou les petits entrants doivent souvent faire évoluer leurs plates-formes en utilisant des dépôts à terme, y compris des dépôts de courtiers. Ces dépôts sont plus coûteux, sensibles aux prix, moins diversifiés et, surtout, moins stables (comme la crise financière mondiale l’a clairement démontré). De plus, le coût d’acquisition de ces clients peut être très élevé, à la fois dû à la publicité et / ou du au coût plus élevé des fonds. Par conséquent, l’un des principaux défis pour les banques numériques est la difficulté d’augmenter une masse critique de dépôts afin de former une base de financement stable à faible coût pour correspondre aux concurrents en places.
  1. L’expertise spécialisée en souscription requise pour la plupart des catégories de prêts crée des défis pour les filières uniquement numériques. Il existe plusieurs catégories de prêts qui nécessitent divers degrés d’expertise en matière de souscription – certains sont commercialisés, d’autres nécessitent des critères de prêt sur mesure sophistiqués. Les prêts commercialisés comprennent les prêts hypothécaires, les prêts automobiles, les cartes de crédit et les marges de crédit garanties, puisque les prêts sont essentiellement fondés sur des cotes de crédit standard (internes et externes). Ces catégories de prêts aux particuliers, plus génériques, conviennent mieux aux banques numériques puisque la taille des prêts est plus petite et que les banques peuvent facturer des taux plus élevés pour compenser les ratios de pertes cumulées beaucoup plus élevés dans ces catégories de prêts (à l’exception des prêts hypothécaires). Malheureusement pour les banques numériques, dans de nombreux marchés, ces catégories de prêts sont dominées par des concurrents oligopolistiques capables de tirer parti de leurs marques et de leur envergure (gestion du risque, distribution, publicité), laissant souvent de nouveaux concurrents avec des clients à risque plus élevé, soit ceux qui ont plus de difficulté à obtenir du crédit.
     
    En revanche, d’autres catégories de prêts, comme les prêts commerciaux (PME), les prêts aux entreprises, les prêts à la construction, les prêts immobiliers commerciaux (multifamiliales), exigent une expertise de souscription importante et souvent hautement spécialisée. Cette expertise spécialisée en souscription et en gestion des risques comprend non seulement la compréhension des activités, mais aussi le caractère des marchés locaux. Ils sont également de plus grande taille, ce qui rend difficile pour les nouveaux entrants de constituer un portefeuille diversifié du point de vue de la gestion des risques. De plus, les clients qui ont besoin de ces prêts peuvent être de grandes entreprises qui ont également besoin d’autres services bancaires non liés au crédit (p. ex., gestion de trésorerie). Ensemble, ces facteurs représentent des défis considérables pour les banques numériques qui recherchent de tels mandats.
  1. Les fonds propres et le fardeau réglementaire après la crise financière mondiale augmentent les coûts, le risque réglementaire et les niveaux de capital, ce qui pèse sur la rentabilité des banques. L’une des tendances les plus significative émergeant après la crise financière a été la ré-réglementation du secteur bancaire mondial, qui a entraîné : i) une augmentation des niveaux de capital (et une meilleure qualité des fonds propres), ii) une hausse du montant et de la qualité des réserves de liquidités et (iii) une réduction des activités bancaires parallèles. Au cours des années qui ont suivi la crise, ces réformes réglementaires ont pesé lourdement sur le RCP / la rentabilité des banques dans la plupart des économies principales mondiales. D’autres domaines de réglementation sont également devenus importants, notamment la lutte contre le blanchiment d’argent (LBC), qui a ajouté des coûts de conformité et – plus important encore – le risque de grosses amendes imposées par les régulateurs mondiaux pour non-conformité. Par définition, les banques numériques n’interagissent pas de la même manière avec les clients que les plates-formes physiques. Avec une forte croissance nécessaire pour faire évoluer leurs plates-formes, les banques numériques pourraient être plus vulnérables à certains risques réglementaires (blanchiment d’argent, financement d’activités illégales) et opérationnels (fraude, violation de données).
  1. Les petites banques numériques font face à des déficits de confiance et de marque (en particulier dans les premières années). Ce déficit de confiance / marque peut-être particulièrement difficile dans le secteur bancaire, spécialement sur les marchés bancaires oligopolistiques comme le Canada et l’Australie, où les opérateurs en place profitent d’une fidélité à la marque et d’une grande confiance. Même avec des systèmes d’assurance-dépôts larges et efficaces, les clients sont souvent réticents à se tourner vers de nouveaux entrants plus petits et moins reconnus, ce qui rend difficile de gagner des parts de marché.

La technologie abaisse les barrières d’entrée, mais jusqu’à présent, les avantages de la banque numérique restent principalement aux mains des opérateurs en place.

Nonobstant le fait que les banques numériques ont le potentiel d’être plus habiles / flexibles que leurs homologues en place, l’univers des banques numériques autonomes est actuellement très restreint et les défis pour gagner des parts de marché importantes restent élevés. Nous croyons que les défis concurrentiels et réglementaires sont les plus grands dans des pays comme le Canada et l’Australie avec des secteurs bancaires oligopolistiques bien implantés. Aux États-Unis, qui n’ont qu’une « vraie » banque nationale (WFC) mais plusieurs grands concurrents, l’émergence d’une banque régionale / opérateur en place cherchant à tirer parti de son envergure pour lancer une banque numérique nationale semble plus probable qu’au Canada[1].

De manière générale, nous prévoyons que les opérateurs en place bénéficieront le plus de la tendance séculaire vers la banque numérique (y compris la baisse de l’utilisation des espèces) en continuant à fermer, réduire et reconfigurer leurs réseaux de succursales existants tout en offrant des services supplémentaires via des filières en ligne pour soutenir les préférences changeantes des clients. À court et à moyen terme, nous pensons que la réduction des dépenses d’opérations due à une plus petite empreinte de succursale et à une adaptation croissante des plateformes en ligne pourrait soutenir les bénéfices / le RCP dans les années à venir, ce qui est particulièrement important dans un environnement à taux bas.

Cependant, à long terme, un accès facile aux capitaux, l’évolution de la démographie et l’accélération de l’innovation technologique créent des conditions propices à l’émergence d’un concurrent qui pourraient avoir un impact dans le comportement des opérateurs en place sur la tarification des produits, catalyser des partenariats stratégiques potentiels et influencer les plans des banques en place pour l’innovation (y compris leurs propres banques numériques). À notre avis, étant donné le rythme même de ces changements, certains concurrents de niche sont susceptibles d’émerger et de connaître une croissance significative pour leurs actionnaires (et être un candidat à l’inclusion dans HFT).

La croissance potentielle de nouveaux concurrents du secteur numérique pourrait être favorisée par des changements réglementaires en attente, comme l’approbation des services bancaires ouverts, dont nous discuterons au cours des prochaines semaines.

Notes Récentes:

Hamilton Financials Innovation ETF: Invest in Digital Leaders Reshaping the Financial Sector (November 19, 2020)

Global Financials: The Most Attractive/Important Investment Themes in 2021 (November 16, 2020)

Hamilton ETFs Launches Hamilton Financials Innovation ETF (June 1, 2020)

Global Exchanges, E-Brokers and Fintech: Secular and Structural Growth Drivers Abound (June 15, 2019)


Un mot sur la liquidité de négociation pour les FNB …

Les FNB de Hamilton sont très liquides et peuvent être achetés et vendus facilement. Les FNB sont aussi liquides que leurs actifs sous-jacents et les actifs sous-jacents sont négociés chaque jour en millions d’actions.

Comment ça marche ? Quand les investisseurs achètent (ou vendent) un FNB sur le marché, ils peuvent négocier avec un autre investisseur de FNB ou un teneur de marché pour le FNB. À tout moment, même si le volume quotidien semble faible, il y a un teneur de marché – généralement un grand courtier en valeurs mobilières appartenant à une banque – prêt à combler l’ordre du FNB (à la valeur liquidative plus un écart). Le teneur de marché souscrit ensuite pour créer ou racheter des parts du FNB par le gestionnaire du FNB (par exemple, Hamilton ETFs), qui achète ou vend les titres sous-jacents pour le FNB.

[1] Le prêteur régional américain Citizens Financial a récemment révélé que la pandémie avait accéléré son objectif de créer une banque nationale axée sur le numérique.

 

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